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EU at the UN

The EU's commitment to effective multilateralism, with the UN at its core, is a central element of its external action. As a UN observer with enhanced status, the EU delegation coordinates with its 28 Member States to speak with one voice. The EU also works closely with the UN secretariat and its agencies, funds & programmes, partnering on a range of global issues and challenges.

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de prendre la parole au nom de l’Union européenne sur le projet e résolution intitulé “Situation en Amérique centrale : processus d’établissement d’une paix ferme et durable et progrès réalisés dans la structuration d’une région de paix, de liberté, de démocratie et de développement”. Les pays d’Europe centrale et orientale associés à l’Union Européenne (Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République Tchèque, Roumanie, Slovaquie et Slovénie) et les pays associés (Chypre, Malte, Turquie), se rallient à cette déclaration.

Je souhaiterais tout d’abord remercier le Secrétaire général pour la qualité des rapports qui nous ont été soumis sous ce point de l’ordre du jour : le rapport sur les droits de l’homme au Guatemala, les deux rapports faisant le point des activités de la mission de vérification des Nations Unies au Guatemala (MINUGUA) et le rapport portant sur les progrès réalisés dans les pays d’Amérique Centrale dans les domaines de la paix, de la liberté, de la démocratie, des droits de l’homme et du développement.

Ces rapports confirment bien l’ampleur des progrès réalisés depuis que l’Assemblée générale a examiné pour la première fois ce point de l’ordre du jour en 1983. Bien que des problèmes graves et des inégalités sociales importantes subsistent, la majeure partie de la région est désormais en mesure de consolider les progrès réalisés en direction d’un règlement pacifique de différents conflits, de l’exercice libre des droits démocratiques et du renforcement des institutions démocratiques et de l’Etat de droit.

Avant d’aborder les différentes situations nationales, je voudrais ici souligner l’importance de la priorité qu’accorde l’Union européenne au développement économique et social des pays d’Amérique Centrale :

  • le dialogue de San José, fondé en 1984, est le cadre des échanges entre l’Union européenne et l’Amérique centrale. La dernière conférence ministérielle s’est tenue à Villamoura en février 2000 et a démontré la volonté conjointe de tous les Etats de l’Union européenne et de l’Amérique centrale de renforcer et d’intensifier leur coopération. Le sommet des Chefs d’Etats et de gouvernements de Rio de Janeiro en juin 1999 a également donné une nouvelle impulsion à ce processus dans le cadre du dialogue Union européenne – Amérique Latine – Caraïbes en établissant les bases d’un partenariat stratégique comprenant trois volets : un volet politique, un volet économique et un volet culturel, éducatif, scientifique et technique. Dans le cadre de ce partenariat stratégique, l’Union européenne et les pays d’Amérique Latine et des Caraïbes ont pu en particulier adopter à Panama les 8 et 9 avril dernier un plan conjoint d’action anti-drogue.
  • L’Union soutient activement tous les pays de la région qui ont engagé des réformes structurelles qui permettront le développement économique et la paix sociale. Pour aider les pays qui ont été affectés par le passage du cyclone Mitch, l’Union européenne a adopté un plan d’action régional pour la reconstruction en Amérique centrale (PRRAC) dont le montant, avec les dons bilatéraux, s’élève à un milliard d’euros. L’Union européenne entend continuer à appuyer le processus engagé à Stockholm, notamment lors de la prochaine réunion régionale du Groupe consultatif qui aura lieu en janvier 2001 à Madrid. La réunion de Madrid devrait en particulier permettre de présenter l’Amérique centrale comme une zone de développement économique offrant des perspectives d’investissement. Les pays d’Amérique centrale et les pays donateurs examineront notamment durant cette réunion différents projets régionaux visant à la mise en place de grandes infrastructures qui seront à même de faciliter le développement économique et l’intégration régionale. L’UE estime que le programme de redressement devrait notamment renforcer la démocratie, la transparence, la protection de l’environnement et réduire la pauvreté. Les mesures nationales et bilatérales prises dans le cadre du Club de Paris devraient en outre permettre d’accompagner le processus de redressement.
  • L’Union européenne reste enfin très attachée, tout comme le Secrétaire général des Nations Unies, au renforcement de l’intégration régionale. Celle-ci constitue une condition de la paix et du développement en Amérique centrale et sans doute l’une des meilleures réponses possibles aux frictions diplomatiques et aux incidents frontaliers qui ont affecté les différents pays de la région depuis deux ans.

L’Union européenne voudrait ici réaffirmer sur plein appui aux différentes initiatives prises notamment sous les auspices de l’Organisation des Etats Américains, pour mettre un terme aux différends frontaliers. Aux yeux de l’Union européenne, la stabilité des frontières est cruciale pour la paix et la sécurité dans la région et un élément essentiel de la réalisation des objectifs de paix, de réconciliation, de démocratie, de développement et de justice consacrés dans l’accord d’Esquipulas II de 1987. L’Union européenne voudrait ici particulièrement saluer l’accord portant sur l’adoption de mesures de confiance signé devant le Conseil permanent de l’OEA le 7 novembre dernier par les Représentants du Guatemala et du Belize. Elle prend également note avec satisfaction de l’approche constructive adoptée par le Nicaragua qui a pris la décision de porter son différend sur sa frontière maritime avec le Honduras devant la Cour Internationale de Justice. L’Union européenne appelle le Nicaragua et le Costa Rica à poursuivre le processus initié à Mexico en juin 2000 entre les deux Présidents. L’UE rappelle son attachement aux mesures de prévention de conflits dans la région et soutient la création de mécanismes régionaux de résolution des différends qui peuvent surgir entre les pays de la zone.

L’Union européenne accueil favorablement l’organisation en fin de l’année dernière des élections générales auxquelles l’URNG a participé en tant que parti politique. Elle salue la passation pacifique des pouvoirs qui témoignent de progrès sensibles sur la voie de la démocratie et de la création d’un système politique sans exclusives.

L’Union européenne soutient sans réserve les propositions raisonnables et équilibrées faites par le Secrétaire général pour proroger le mandat de la MINUGUA jusqu’en 2003. Cette mesure est nécessaire pour permettre au Guatemala de consolider les acquis de l’Agenda pour la paix et surtout d’appliquer les éléments fondamentaux de l’Agenda encore en suspens. L’Union européenne appelle en particulier toutes les parties à mettre en œuvre sans délai les dispositions relatives au Pacte Fiscal pour un Avenir de Paix et de Développement, la réforme de la propriété foncière, l’officialisation des langues indigènes, la dissolution de l’Etat-Major présidentiel et la réforme du Secrétariat pour l’Analyse stratégique. L’Union européenne appelle également les parties à finaliser dès que possible le nouveau calendrier de mise en œuvre des mesures. De notre point de vue, la prorogation du mandat de la MINUGUA doit avant tout permettre aux parties de mettre effectivement en œuvre leurs propres engagements. La communauté internationale ne peut pas se substituer aux efforts nationaux en faveur de la paix qui restent plus que jamais indispensables. L’Union européenne continuera à cet égard à être particulièrement attentive aux mesures prises pour lutter contre les violations de droits de l’homme et assurer une lutte efficace contre l’impunité.

L’UE appelle les autorités de Guatemala à mettre en place les recommandations de la mission en matière de droits de l’homme. Elle encourage également le gouvernement à mettre en place la Commission pour la paix et l’harmonie, dont l’établissement a été recommandé par la Commission de clarification historique et par le Secrétaire générale de l’ONU.

L’Union européenne est encouragée par la poursuite de la consolidation de la paix au Salvador. Malgré la persistance de certaines difficultés en matière de sécurité publique ou de réforme agraire, les progrès enregistrés sont notables. L’Union européenne souscrit entièrement aux appels faits par le Secrétaire général pour que le Bureau du médiateur, qui constitue une garantie institutionnelle centrale dans le cadre du respect des droits de l’homme, voit son influence et ses moyens renforcés et pour que les parties redoublent d’efforts pour honorer leur engagement de respecter à la fois la lettre et l’esprit des accords de 1992.

Dans ce contexte, l’Union européenne salue bien évidemment l’organisation cette année dans des conditions libres et équitables des élections parlementaires et municipales au Salvador et des élections municipales au Nicaragua. La manière pacifique dont se sont déroulées respectivement ces élections est un signe encourageant portant à croire que les rancunes du passé ont cédé la place à une véritable maturité politique. L’Union européenne regrette néanmoins, tout comme le Secrétaire général, la faiblesse des taux de participation, malheureusement accentuée au Nicaragua par une réforme électorale qui a dans la pratique éliminé un grand nombre de partis du processus électoral et favorisé une abstention qui dans certaines provinces a atteint 80%. La participation de tous aux processus électoraux, en particulier des populations autochtones et des femmes, devrait aux yeux de l’Union européenne être plus activement encouragée.

Je voudrais pour terminer réaffirmer l’engagement sans équivoque des peuples et des gouvernements de l’Union européenne aux côtés des peuples et des gouvernements d’Amérique centrale pour poursuivre ensemble les efforts de consolidation de la paix et de la démocratie dans la région.


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