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EU at the UN

The EU's commitment to effective multilateralism, with the UN at its core, is a central element of its external action. As a UN observer with enhanced status, the EU delegation coordinates with its 28 Member States to speak with one voice. The EU also works closely with the UN secretariat and its agencies, funds & programmes, partnering on a range of global issues and challenges.

Madame la Présidente,

II. L’Union européenne estime que c’est à juste titre que la Haute Commissaire aux Droits de l’Homme accorde dans son rapport écrit une attention particulière à des situations où les populations civiles sont ou ont été, comme en Sierra-Leone, en Tchétchénie, ou à Timor-est, victimes d’exactions graves et massives à l’occasion d’affrontements, voire en ont été les principales victimes, en violation du droit humanitaire et des droits de l’homme.

L’Union européenne est ainsi gravement préoccupée par la situation en Sierra-Leone et en particulier par les violations par le RUF de l’accord de paix de Lomé et la poursuite d’horribles exactions commises par le RUF et d’autres groupes rebelles. Elle encourage la Haute Commissaire à poursuivre ses actions pour soutenir les autorités du pays dans leurs efforts pour renforcer la promotion et la défense des droits de l’homme. Elle est disposée à soutenir les autorités sierra-leonaises et les Nations Unies en vue de la mise en place du tribunal spécial et d’un système judiciaire garant du respect des droits de l’homme. Elle souligne, une nouvelle fois, l’importance de la question de la réhabilitation des enfants-soldats.

A Timor, l’Union européenne compte sur le gouvernement indonésien pour, comme il s’y est engagé, poursuivre et traduire en justice les auteurs des exactions commises à Timor-est en 1999. Elle se félicite à cet égard de l’assistance fournie par le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme. L’Union européenne souhaite que toutes les personnes suspectées d’avoir orchestré et participé à l’assassinat des trois agents du HCR à Atambua soient rapidement déférées devant la justice. A cet égard, elle salue l’arrestation du chef milicien Guterres et de plusieurs personnes suspectées d’être impliquées dans le déroulement de ces événements. Les autorités indonésiennes doivent prendre des mesures supplémentaires pour désarmer et dissoudre les milices et résoudre rapidement la question des réfugiés. L’Union européenne encourage le gouvernement indonésien à poursuivre les premiers efforts qu’il a accomplis en ce sens. Ces efforts doivent être poursuivis et menés à bien de toute urgence. Elle est convaincue que l’activité des milices et la situation des réfugiés à Timor-ouest pourraient avoir de très graves répercussions pour l’évolution politique de Timor-est.

L’Union européenne reste préoccupée par la situation en Tchétchénie et regrette que la Fédération de Russie n’ait que partiellement répondu aux demandes de la Commission des Droits de l’Homme. Elle prend acte du fait que le Comité International de la Croix Rouge a accès aux lieux de détention et qu’un représentant spécial du gouvernement russe pour les droits de l’homme est désormais basé en Tchétchénie, avec le soutien du Conseil de l’Europe. Elle appelle la Russie à procéder sans tarder à une enquête indépendante, répondant aux critères internationaux, sur les exactions commises par toutes les parties au conflit et à permettre la venue de la Haute Commissaire aux Droits de l’Homme et des rapporteurs spéciaux de la Commission des Droits de l’Homme qui le souhaitent. Elle attend de la Russie que des procédures judiciaires effectives soient engagées contre les auteurs d’exactions. Elle invite les autorités russes à accroître leurs efforts d’aide humanitaire et à veiller à l’acheminement de celle-ci. Elle marque l’importance qu’elle attache à un retour rapide du groupe d’assistance de l’OSCE. Elle rappelle que seule une solution politique permettra de mettre fin au conflit et d’assurer la sécurité et les droits de tous.

Madame la Présidente,

III. Les populations civiles continuent à souffrir de violations graves de leurs droits à l’occasion de conflits non résolus dans d’autres régions, qu’ils soient les victimes directes d’actions armées, qu’ils fuient combats et destructions, soient expulsés ou maltraités, ou simplement privés de sécurité, ou voient leurs libertés fondamentales restreintes. L’Union européenne souhaite que des solutions politiques, intégrant pleinement la dimension “droits de l’homme”, soient trouvées à ces conflits et que les civils soient épargnés et protégés.

L’Union européenne a manifesté dès les premiers jours de la crise sa vive inquiétude et sa réprobation devant les tragiques conséquences des affrontements dans les territoires palestiniens occupés. La gravité de la situation justifiait la tenue d’une session spéciale de la Commission des Droits de l’homme. L’Union européenne condamne sans réserves les graves incidents qui se sont succédés et réitère notamment son rejet des provocations extrémistes qui, en jouant de manière cynique sur les sentiments les plus profonds des populations, ont donné l’occasion à ceux qui menacent la paix et l’avenir de la région d’entreprendre leur oeuvre de destruction en attisant la peur et la haine. L’Union européenne appelle au respect des droits de l’homme et du droit humanitaire international et soutient les efforts entrepris pour mettre fin à la violence et relancer le processus de paix. Dans ce cadre la décision prise à Charm el Cheikh de créer une mission d’établissement des faits, doit permettre de faire la lumière nécessaire sur les évènements récents et contribuer à éviter qu’ils se répètent. L’Union européenne exhorte une nouvelle fois à l’arrêt immédiat de la violence dans les territoires palestiniens. Elle en appelle à l’esprit de responsabilité qui a prévalu à Charm el-Cheikh. Tout doit être mis en oeuvre pour mettre un terme aux violences et favoriser l’apaisement nécessaire pour retrouver le chemin de la paix.

En Afghanistan, les populations civiles continuent à être la cible d’exactions, telles que déplacements forcés et destruction des moyens de subsistance par les Taleban, amenant les populations à fuir. Le problème des mines antipersonnel, notamment dans le Nord, continue à s’aggraver. Outre ces violations graves du droit humanitaire, des atteintes sérieuses aux droits de l’homme, continuent à être déplorées, y compris le recours à la torture et l’abus de la peine de mort. Dans les territoires contrôlés par les Taleban, la situation reste marquée par les exécutions publiques, la justice sommaire, et les politiques discriminatoires envers les femmes dans tous les domaines et notamment ceux de l’éducation, l’emploi et la santé. L’Union européenne est préoccupée par des allégations récentes sur le recours à des enfants soldats par les deux parties au conflit. Ceci est inacceptable et doit cesser. L’Union européenne appelle à nouveau toutes les parties afghanes à reconnaître, protéger et promouvoir tous les droits de l’homme et les libertés fondamentales de la population d’Afghanistan.

Au Sri Lanka, l’Union européenne réitère son appel au LTTE à s’engager dans la voie d’un règlement négocié à cesser ses actions terroristes et à mettre fin à l’enrôlement d’enfants. Elle invite toutes les parties à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin aux violations des droits de l’homme, en particulier dans les zones de conflit. Les responsables de tels actes doivent être présentés à la justice. Elle demande également au gouvernement de lever les restrictions imposées aux médias dans le cadre des mesures d’urgence actuellement en vigueur. L’Union européenne se félicite qu’en dépit d’un certain nombre d’anomalies constatées au cours de la campagne électorale, le scrutin du 10 octobre ait globalement permis aux Sri Lankais d’exprimer leur suffrage au cours d’un processus démocratique.

Dans la crise du Jammu et Cachemire, les populations locales continuent à être prises entre les incursions terroristes et la répression par les forces de sécurité.

L’Union européenne invite les autorités de l’Indonésie à agir rapidement pour mettre fin aux violences actuelles aux Moluques.

En Angola, la situation des droits de l’homme reste préoccupante, malgré les efforts du gouvernement, dont la capacité en ce domaine a été affectée par l’instabilité politico-militaire, pour l’améliorer. Des exactions telles qu’exécutions sommaires, enrôlements forcés, pose de mines, pillages de populations civiles, blocage ou détournement des aides humanitaires se poursuivent, y compris au-delà des frontières du pays, essentiellement du fait de l’UNITA. L’Union européenne appelle à ce qu’il y soit mis fin. Elle invite le gouvernement à assumer pleinement sa responsabilité de protection et d’assistance aux personnes déplacées dans des zones sous son administration.

Au Burundi, elle condamne les attaques commises contre les populations civiles et demeure profondément préoccupée par le niveau persistant de violence et en particulier par les actes perpétrés par les groupes rebelles. Elle les invite à rejoindre sans délai ni préconditions les négociations de paix. Elle souhaite que les conditions d’un retour chez elles, de leur plein gré, des personnes qui cherchent actuellement refuge dans des camps de regroupement soient prochainement réalisées et que la reprise progressive de l’aide internationale soulage des populations civiles durement éprouvées.

La situation en Somalie, en particulier dans le Sud reste préoccupante. L’Union européenne espère que les récentes avancées du processus de paix permettront de mettre un terme aux souffrances des populations.

L’Union européenne se félicite de la reprise des pourparlers de paix indirects entre l’Erythrée et l’Ethiopie. Elle reste préoccupée par la situation des Ethiopiens en Erythrée et des Erythréens en Ethiopie, malgré la signature d’un accord de cessation des hostilités entre l’Ethiopie et l’Erythrée. L’Union européenne regrette notamment l’expulsion de dizaines de milliers d’entre eux vers leur pays d’origine au cours des deux dernières années et l’internement ou les mauvais traitements dont nombre sont victimes. La situation des droits de l’homme en général doit encore être améliorée dans les deux pays.

L’Union européenne condamne les récentes incursions armées venant de pays voisins en Guinée qui ont créé un climat d’insécurité dans la zone frontalière. Elle encourage la Guinée à poursuivre sa mission de protection des nombreux réfugiés qu’elle accueille de longue date sur son territoire. Il importe que la Guinée retrouve la sérénité et reprenne la voie du dialogue entre les forces politiques, dans la perspective des élections législatives prévues pour le 26 novembre.

En Colombie, les civils, et notamment les défenseurs des droits de l’homme, payent un prix inacceptable au conflit en cours. L’Union européenne s’inquiète de la détérioration de la situation humanitaire et des droits de l’homme. Elle soutient tous efforts visant à la paix et en particulier les processus de paix et de facilitation entre le gouvernement et les groupes armés. Elle soutient le travail du bureau du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme à Bogota, ainsi que l’action des communautés de paix.

L’Union européenne réaffirme que le statu quo à Chypre demeure inacceptable. Elle appuie la mission de bons offices du Secrétaire Général de l’ONU visant à une solution juste, globale et viable, qui soit conforme aux résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité. L’Union européenne plaide le plein respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales à l’égard de tous les Chypriotes. Elle soutient les efforts déployés par l’UNFICYP visant à mettre en oeuvre son mandat humanitaire, ainsi que ceux du Comité tripartite des Nations Unies sur le sort des personnes disparues.


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