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EU at the UN

The EU's commitment to effective multilateralism, with the UN at its core, is a central element of its external action. As a UN observer with enhanced status, the EU delegation coordinates with its 28 Member States to speak with one voice. The EU also works closely with the UN secretariat and its agencies, funds & programmes, partnering on a range of global issues and challenges.

Mme Løj (Danemark) (parle en anglais) : J’ai l’honneur de prendre la parole au nom de l’Union européenne. Les pays d’Europe centrale et orientale associés à l’Union européenne – Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie et Slovénie – et les pays associés qui sont Chypre, Malte et la Turquie, ainsi que l’Islande, pays de l’Association européenne de libre-échange (AELE) appartenant à l’Espace économique européen, se rallient à cette déclaration.

Nous apprécions le fait que cette question importante soit à nouveau inscrite à l’ordre du jour du Conseil de sécurité.

La résolution 1325 (2000) est une résolution historique qui a été très favorablement accueillie par l’Union européenne. Elle a contribué de façon importante à ce que les questions relatives au rôle des femmes soient prises en compte d’une façon plus systématique dans l’examen des situations de conflit et des efforts de paix entrepris par le système des Nations Unies. Un solide élan a été imprimé, mais il faut faire davantage pour appliquer les recommandations des résolutions. À cet égard, nous attendons avec intérêt le plan d’action sur la mise en oeuvre envisagée par le Secrétaire général dans son rapport sur la prévention des conflits armés de juin 2001 (S/2001/574).

L’Union européenne s’abstiendra de répéter des positions bien connues sur le thème d’aujourd’hui. Nous nous félicitons toutefois de l’occasion qui nous est donnée de participer au processus évolutif de ce nouveau et important domaine en offrant quelques recommandations spécifiques en ce qui concerne les conflits, le maintien de la paix et la parité entre les sexes.

La première suggestion que j’aimerais faire concerne la révision des directives et procédures normalisées de fonctionnement existantes. Le Manuel stratégique sur les opérations multidimensionnelles de paix devrait comprendre un chapitre sur l’intégration d’une démarche soucieuse d’équité entre les sexes. En outre, il faudrait mettre au point des outils et des mécanismes pour incorporer ce souci d’équité entre les sexes à tous les aspects des opérations de maintien de la paix. Il faudrait mettre en place les procédures normalisées de fonctionnement correspondantes sur la parité entre les sexes pour appuyer une mise en oeuvre systématique et un contrôle des progrès réalisés. En outre, nous sommes d’avis que toutes les opérations militaires mandatées par l’ONU devraient se conformer au bulletin du Secrétaire général sur le respect par les forces des Nations Unies du droit humanitaire international.

Ma deuxième suggestion porte sur l’organisation et la formation. Nous avons constaté que des bureaux chargés des questions de parité entre les sexes ont été créés dans trois missions sur le terrain et ont obtenu de bons résultats. Nous recommandons l’établissement de tels bureaux ou la désignation d’agents de liaison dans toutes les missions, et ils devraient bénéficier du soutien nécessaire. En outre, il faut mettre au point, à tous les niveaux, des programmes de formation adéquats pour tout le personnel civil, de la police ou militaire.

De l’avis de l’Union européenne, nous ne devons épargner aucun effort pour accroître la participation des femmes à tous les niveaux de prise de décisions dans le règlement des conflits et les processus de paix. L’Union européenne est préoccupée de constater le nombre restreint de femmes qui occupent la fonction de Représentante spéciale ou d’Envoyée spéciale du Secrétaire général auprès de missions de maintien de la paix. Les États Membres et le Secrétaire général doivent promouvoir plus efficacement la nomination de candidates à ces fonctions.

L’Union européenne considère qu’un agent de liaison devrait être chargé des questions de parité entre les sexes au sein du Département des opérations de maintien de la paix pour améliorer l’intégration d’une démarche soucieuse d’équité entre les sexes dans l’ensemble des travaux du Département et pour appuyer les bureaux chargés des questions de parité dans les missions. En outre, nous sommes d’avis qu’une augmentation du nombre de femmes aux fonctions de prise de décisions et au Département des affaires politiques favoriserait la promotion des questions de parité entre les sexes dans le cadre des processus de paix.

Les femmes ne sont pas seulement les victimes des conflits armés. Elles peuvent aussi être combattantes, prisonnières, dirigeantes ou négociatrices, membres des missions de rétablissement ou de consolidation de la paix et activistes. Elles sont capables de jouer un rôle plus important dans les processus d’établissement et de consolidation de la paix. Il faudrait toutefois adopter de façon plus systématique une démarche soucieuse de la parité entre les sexes s’agissant du rétablissement et de la consolidation de la paix.

Nous tenons donc à recommander qu’une démarche sexospécifique soit incorporée à tous les mandats et à tous les plans de paix pour renforcer les chances de succès. À cet égard, je me permets de rappeler, Monsieur le Président, les idées fort constructives sur le mandat de la Mission des nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL) dont a fait part au Conseil Mme Carolyn McAskie, Coordonnatrice adjointe des secours d’urgence au cours de la séance publique sur le fleuve Mano, la semaine dernière. Il est évident que l’inclusion de ces éléments dans les mandats supposent que des spécialistes des questions de parité entre les sexes apportent leur contribution à tous les stades de la planification des opérations de maintien de la paix, y compris la planification et la composition des missions.

En outre, il serait effectivement important de mettre au point des directives pratiques fondées sur les enseignements reçus quant à la façon de faire participer les communautés et les organisations non gouvernementales au rétablissement de la paix, notamment les associations féminines. Ces directives devraient également déterminer comment la participation pleine et active des femmes à la reconstruction de la société et à l’édification des institutions pourrait se dérouler sur le plan pratique.

Comme l’a indiqué le représentant du Chili, l’Union européenne et les pays de l’Amérique latine préparent actuellement une conférence sur les femmes dans les opérations de maintien de la paix. La conférence aura lieu au Chili cet automne et vise à sensibiliser l’opinion publique à la composante « femmes » des processus de paix dans l’Union européenne et dans les pays de l’Amérique latine et à favoriser les échanges de compétences et d’expériences en matière de consolidation des capacités nationales et régionales dans les opérations de maintien de la paix.

L’Union européenne accorde une grande importance à la question des conflits, du maintien de la paix et de la parité entre les sexes, et nous continuerons à poursuivre nos politiques d’appui à cet égard. J’espère que les propositions pratiques que je vous ai présentées aujourd’hui contribueront à approfondir l’étude du Secrétaire général d’une manière qui fournira des recommandations concrètes pour aller de l’avant.


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