Select Page

EU at the UN

The EU's commitment to effective multilateralism, with the UN at its core, is a central element of its external action. As a UN observer with enhanced status, the EU delegation coordinates with its 28 Member States to speak with one voice. The EU also works closely with the UN secretariat and its agencies, funds & programmes, partnering on a range of global issues and challenges.

M. Arias (Espagne) (parle en espagnol) : J’ai l’honneur de prendre la parole au nom de l’Union européenne. Les pays d’Europe centrale et orientale associés à l’Union européenne – la Bulgarie, la République tchèque, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie – et les pays associés Malte et la Turquie ainsi que les pays de l’Association européenne de libre-échange membres de l’Espace économique européen, l’Islande et le Liechtenstein, se rallient à cette déclaration.

Lors de la dernière séance publique du Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne, la communauté internationale a déployé de nombreux efforts constructifs pour mettre fin à la violence et au terrorisme ainsi qu’à la perte de vies innocentes palestiniennes et israéliennes. Le « quatuor » s’est réuni à Washington pour la deuxième fois en moins d’un mois pour un échange de vues sur ce conflit auquel il faut prêter une attention urgente et qu’il faut considérer à long terme.

Ces efforts internationaux ont déjà donné lieu à des changements positifs sur le terrain. Il a été en particulier possible de résoudre de manière non violente la situation du quartier général de l’Autorité palestinienne à Ramallah et de mettre fin à l’isolement imposé au Président Arafat. L’Union européenne espère que l’on respectera et garantira pleinement la sécurité personnelle et la liberté de mouvement du dirigeant reconnu et élu du peuple palestinien. Nous nous félicitons des derniers accords de sécurité conclus par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et les deux parties. Le Président Arafat doit faire usage de sa liberté pour assumer la direction politique de l’Autorité palestinienne et de son peuple et faire tout ce qui est en son pouvoir pour éliminer le terrorisme. Les deux parties devraient mettre à profit ce modeste accord pour mettre fin à la violence et engager le dialogue.

L’Union européenne, de concert avec les Nations Unies, les Etats-Unis et la Fédération de Russie, s’engage à apporter son appui à la réalisation d’une paix juste, globale et durable au Moyen-Orient. Nous sommes prêts à aider les parties à mettre en œuvre les accords qu’elles ont passés et à participer à une conférence de paix internationale qui comptera sur la participation de tous les acteurs et tiendra compte des accords précédents. Le « quatuor » a indiqué hier qu’il était prêt à engager des préparatifs en vue d’une conférence qui se tiendra cet été sur les questions de sécurité, les questions économiques et humanitaires et étudiera la voie politique à suivre.

En dépit de tous ces efforts constructifs, l’Union européenne demeure vivement préoccupée par l’affrontement sans issue qui a lieu dans l’église de la Nativité à Bethléem. À l’issue d’un mois, les contacts entre les deux parties, en vue de dénouer la situation, ont donné très peu de résultats. Le risque d’un affrontement ouvert subsiste et la population civile palestinienne de Bethléem continue d’être soumise au couvre-feu et à l’occupation militaire.

L’Union européenne réitère la nécessité d’une action internationale concertée et soutenue afin de mettre en œuvre la déclaration conjointe du « quatuor » du 10 avril 2002 et, en particulier, d’assurer l’application immédiate et intégrale des résolutions 1402 (2002) et 1403 (2002) du Conseil de sécurité. À cet égard, nous lançons un appel à Israël pour qu’il mette immédiatement fin à toutes ses opérations militaires dans les territoires palestiniens. Nous demandons un cessez-le-feu immédiat, authentique et effectif ainsi que le retrait immédiat et complet des troupes israéliennes de toutes les villes palestiniennes et des zones sous le contrôle de l’Autorité palestinienne. Les résolutions du Conseil de sécurité doivent être appliquées immédiatement et dans leur intégralité.

L’Union européenne déplore le fait qu’une fois de plus, une résolution du Conseil de sécurité n’ait pas été appliquée intégralement. L’Union a appuyé pleinement les efforts déployés par le Secrétaire général pour que la résolution 1405 (2002) soit mise en œuvre et elle a fait valoir l’importance de son initiative visant à réunir des informations exactes concernant les événements survenus dans le camp de réfugiés de Djénine au moyen d’une équipe d’établissement des faits. Nous déplorons le fait que, suite à l’annonce du Gouvernement israélien du 30 avril, cette équipe ne pourra pas se rendre dans la zone pour y commencer sa mission.

Nous sommes convaincus – et nous partageons l’opinion exprimée par le Secrétaire général dans la lettre qu’il a adressée le 1er mai au Président du Conseil de sécurité – que cette équipe aurait pu établir un rapport précis, juste et professionnel des faits. Nous réitérons notre appui au Secrétaire général pour l’analyse et les conclusions qui trouvent leur expression dans cette lettre et nous regrettons vivement l’absence de coopération du Gouvernement d’Israël avec cette équipe d’établissement des faits. Israël dit ne rien avoir à cacher mais – selon les termes du Secrétaire général – l’ombre jetée par les récents événements survenus dans le camp de réfugiés de Djénine ne pourra être dissipée. Nous rappelons l’obligation qu’ont tous les Etats Membres des Nations Unies d’accepter et de mettre en œuvre les décisions du Conseil de sécurité, conformément à la Charte.

L’Union réitère sa condamnation de la violence et du terrorisme et espère que l’Autorité palestinienne agira de manière décisive, dans la mesure de ses possibilités, pour mettre fin au terrorisme, démanteler ses infrastructures, et couper court aux actes d’incitation à la violence. Il faut que les attaques terroristes cessent immédiatement, y compris les attentats suicide à la bombe. Ces actes sont immoraux, illégaux et ils portent atteinte aux aspirations légitimes du peuple palestinien.

L’Union européenne est extrêmement préoccupée par la destruction des structures essentielles de l’Autorité palestinienne. Ces actes sont inacceptables et ont des effets négatifs. Ils diminuent la capacité de maintien de l’ordre de l’Autorité palestinienne, peuvent créer un vide très dangereux au niveau de la sécurité, et à long terme, accroître considérablement les dangers que court la sécurité d’Israël. En même temps, on ne saurait justifier, sous le prétexte d’une lutte légitime contre le terrorisme, les dommages sans précédent qui ont été infligés à l’infrastructure civile palestinienne et aux biens privés par les opérations militaires israéliennes et l’interruption des services sociaux de base, qui ne jouent pas le moindre rôle du point de vue de la sécurité. Il faut immédiatement mettre fin à ces actions qui contreviennent au droit international. L’Union européenne exhorte le Gouvernement israélien à mettre fin à ces pratiques et se réserve le droit de réclamer des indemnisations dans les tribunes appropriées.

Cela étant, nous demandons à Israël de mettre immédiatement fin à l’étranglement économique des territoires palestiniens, aux bouclages stricts, aux restrictions et aux contrôles, à l’isolement et au confinement de la population et aux limitations sévères imposées à la circulation des personnes et des marchandises. Les opérations militaires des dernières semaines ont aggravé encore davantage la détérioration considérable des conditions de vie et de l’économie dans les territoires palestiniens.

L’Union européenne est gravement préoccupée par la crise humanitaire dans les territoires palestiniens. Il est tout à fait inacceptable que les organisations humanitaires et médicales, de même que leur personnel, continuent de se voir imposer des restrictions dans l’exercice de leurs fonctions et n’aient pas vraiment accès aux populations dans le besoin. Israël doit leur offrir un accès total et sans entrave et doit également respecter pleinement les principes humanitaires internationaux, y compris les conventions des Nations Unies relatives à la protection des civils en temps de guerre et s’abstenir d’un recours démesuré à la force. Les exécutions extrajudiciaires doivent prendre fin et Israël doit accorder la plus grande coopération possible aux agences et organisations humanitaires, conformément à ses obligations au titre du droit international humanitaire.

Le plan et les objectifs politiques visant à mettre fin à un conflit que l’on ne peut résoudre militairement ont déjà été exposés de façon très claire. Il s’agit des résolutions 242 (1967) et 338 (1973) du Conseil de sécurité, et du principe « terre contre paix », qui étaient à la base de la Conférence de Madrid de 1991; de la création d’un Etat palestinien politiquement et économiquement viable et de garanties de sécurité pour l’état d’Israël, comme l’envisage la résolution 1397 (2002); et de l’initiative de paix du Prince héritier Abdallah appuyée par la Ligue des Etats arabes.

La déclaration conjointe du « quatuor » du 10 avril montre clairement que la voie à suivre pour reprendre les négociations sur un accord politique se fonde sur la mise en œuvre intégrale et immédiate des résolutions 1402 (2002) et 1403 (2002) du Conseil de sécurité et du plan Tenet et des recommandations de la Commission Mitchell. Comme cela a été redit hier à Washington, il est absolument nécessaire d’avancer immédiatement et parallèlement dans le sens d’un progrès politique tangible à court terme, et de prendre un ensemble de mesures concrètes qui permettront d’instaurer une paix permanente.

L’Union européenne reste convaincue qu’un mécanisme impartial de surveillance sur le terrain est essentiel pour ce processus de rétablissement de la confiance mutuelle ainsi que pour avancer dans le domaine politique et dans celui de la sécurité. Nous sommes prêts à participer à ce mécanisme et nous nous félicitons de ce que dit le Secrétaire général sur l’envoi d’une force multinationale au Moyen-Orient. Nous considérons par ailleurs que les discussions actuelles sur cette question au Conseil de sécurité sont très encourageantes.

Comme nous l’avons dit récemment lors de la réunion informelle des bailleurs de fonds du Comité de liaison ad hoc, qui s’est tenue à Oslo les 24 et 25 avril, l’Union européenne continuera à apporter une contribution économique majeure à la consolidation de la paix dans la région. Elle le fera afin d’améliorer les conditions de vie du peuple palestinien et renforcera et appuiera l’Autorité palestinienne au moyen d’efforts qui porteront sur la reconstruction de son infrastructure et de sa capacité à gouverner et à assurer sa sécurité. Elle fournira également une aide humanitaire aux Palestiniens et aidera à la reconstruction institutionnelle et économique.


FaceBook Twitter