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EU at the UN

The EU's commitment to effective multilateralism, with the UN at its core, is a central element of its external action. As a UN observer with enhanced status, the EU delegation coordinates with its 28 Member States to speak with one voice. The EU also works closely with the UN secretariat and its agencies, funds & programmes, partnering on a range of global issues and challenges.

Arias (Espagne) (parle en espagnol) : J’ai l’honneur de prendre la parole au nom de l’Union européenne. Les États de l’Europe centrale et orientale associés à l’Union européenne – la Bulgarie, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie – et les États associés, Chypre, Malte et la Turquie, ainsi que le pays de l’Association européenne de libre-échange, membre de l’Espace économique européenne, l’Islande, souscrivent à cette déclaration.
D’emblée, j’aimerais saluer la présence ici parmi nous du Ministre des affaires étrangères du Gouvernement national de transition de la Somalie, M. Youssouf Hassan Ibrahim.
L’Union européenne se félicite du débat public du Conseil de sécurité qui se déroule aujourd’hui, ainsi que de l’occasion qu’il offre d’examiner la situation en Somalie sur la base du rapport du Secrétaire général et afin de porter notre attention, pour la deuxième fois en moins d’une semaine, sur la corne de l’Afrique, région qui suscite une préoccupation particulière au sein de l’Union européenne.
Avant tout, l’avenir de la Somalie dépend du peuple somalien lui-même. La communauté internationale doit aider les Somaliens à retourner la situation dangereuse et inhabituelle du pays, qui se trouve sans structures gouvernementales depuis plus de dix ans. Des années de guerre civile, de pauvreté et de désintégration sociale ont conduit à une situation qui représente une menace pour la sécurité et une source potentielle d’instabilité et d’extrémisme dans la région. Investir dans la paix et la reconstruction complète de la Somalie contribuera à mieux assurer la sécurité régionale et à prévenir les conflits futurs.
L’Union européenne souligne la nécessité d’adopter une approche unie du processus de paix et de donner une plus grande cohérence à sa politique envers la Somalie en vue d’aboutir à un accord global et durable. À cet égard, l’Union européenne se félicite de la résolution opportune adoptée sur la Somalie au neuvième Sommet de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), tenu à Khartoum les 10 et 11 janvier, ainsi que des recommandations qui y sont contenues.
L’Union européenne souhaite mettre en relief la nécessité de prendre un engagement ferme de lutter contre le terrorisme conformément à la résolution 1373 (2001) du Conseil de sécurité. Dans ce sens, l’Union européenne accorde une importance particulière à la recommandation de l’IGAD exhortant le Gouvernement national de transition et les autres autorités de fait, ainsi que les forces politiques, à s’engager à combattre le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations. Nous avons noté la création par le Gouvernement national de transition d’une équipe spéciale antiterroriste et son intention déclarée d’adopter de nouvelles mesures dans ce sens. À l’heure actuelle, l’Union européenne aide la Somalie dans différents domaines précis afin de lui permettre de répondre aux exigences du Comité contre le terrorisme.
L’Union européenne se félicite de la décision adoptée sur la Somalie le 14 février par le Comité des ministres des affaires étrangères de l’IGAD de tenir une conférence sur la réconciliation nationale durant la deuxième moitié d’avril, à Nairobi, à laquelle participeront sans conditions préalables le Gouvernement national de transition et les autres administrations somaliennes de fait, ainsi que les forces politiques en présence. Nous espérons que cet événement sera couronné de succès et nous encourageons toutes les parties somaliennes à participer à cette Conférence. Nous nous félicitons aussi de l’appel lancé par l’IGAD en faveur de la coopération entre les trois États frontaliers, le Kenya, l’Éthiopie et Djibouti, ce qui nous permet de nourrir l’espoir qu’un nouvel élan sera donné au processus de paix et de réconciliation.
Les Somaliens eux-mêmes sont en fait les acteurs principaux du dialogue de réconciliation nationale. Les parties doivent laisser de côté leurs divergences et participer au dialogue facilité par l’IGAD, sans conditions préalables et avec la détermination réelle d’élargir et de compléter le processus de réconciliation nationale commencé à Arta afin qu’il soit pleinement participatif. Nous encourageons l’Organisation des Nations Unies à oeuvrer étroitement avec les pays membres de l’IGAD et les parties somaliennes en offrant toute l’assistance nécessaire dans la préparation et la participation à cette Conférence.
L’Union européenne souligne qu’elle est disposée à examiner les moyens d’appuyer les efforts déployés par l’IGAD pour aider les Somaliens à parvenir à la paix et à la réconciliation nationale et pour mettre fin à une situation qui cause tant de misère et de souffrances à la population civile. À cet égard, une réunion organisée par le Forum des partenaires de l’IGAD doit se tenir à Rome le 11 avril.
Nous demandons une fois encore à tous les États et autres parties intéressées de respecter l’embargo sur les armes imposé en vertu de la résolution 733 (1992) du Conseil de sécurité. Tous les États, en particulier ceux de la région, doivent s’abstenir d’intervenir militairement en Somalie et de prendre toute initiative qui pourrait affecter gravement la souveraineté, l’indépendance politique, l’unité et les chances de paix de ce pays. Le territoire somalien ne doit pas être utilisé pour porter atteinte à la stabilité de la région.
L’Union européenne prend note des recommandations qui figurent dans le rapport du Secrétaire général, en particulier l’évaluation de la situation en matière de sécurité faite par la mission interinstitutions dépêchée en Somalie. Le Secrétaire général estime que la situation actuelle en matière de sécurité à Mogadishu ne favorise pas la présence de l’ONU à long terme. L’Union européenne partage pleinement ces préoccupations en matière de sécurité. Néanmoins une participation active des Nations Unies au processus de paix somalien ainsi qu’au relèvement ou au rétablissement de la paix et de la stabilité est absolument essentielle. Il nous faut envisager de quelle manière l’ONU et la communauté internationale pourront concourir à rompre ce cycle d’insécurité et à réunir les conditions de sécurité opportunes en Somalie.
À cet égard, nous encourageons de nouvelles propositions sur les activités de consolidation de la paix après le conflit et la revitalisation des institutions en Somalie, y compris l’assistance apportée à la démobilisation des milices et à la formation de la police, comme cela est prévu dans la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité du 31 octobre 2001 (S/PRST/2001/30). Nous attendons avec intérêt la création par le Secrétaire général d’un Comité des amis de la Somalie chargé de coordonner les efforts et de mobiliser un appui à la paix et au relèvement du pays.
Nous souhaitons souligner qu’il est nécessaire d’appuyer et d’encourager le rôle de la société civile dans le processus de réconciliation nationale et de relèvement social et économique, ainsi que la participation des femmes à tous les niveaux dans la consolidation de la paix. Il convient d’accorder une plus grande attention à l’éducation et à la formation des jeunes.
Toutes les parties en Somalie doivent respecter pleinement la sécurité du personnel des Nations Unies, du Comité international de la Croix-Rouge, des organisations non gouvernementales, et leur garantir la libre-circulation et l’accès à l’ensemble du territoire somalien. À cet égard, il est nécessaire de réouvrir l’aéroport et le port de Mogadishu pour que l’assistance humanitaire soit accrue. Il est également important que les dirigeants somaliens prêtent attention à l’appel lancé par le Secrétaire général, l’acceptent et offrent leur collaboration dans la mise en oeuvre des projets de développement humanitaire et socioéconomique.
La situation catastrophique en matière de droits de l’homme dans le pays mérite notre attention. Il faut en particulier adopter des mesures qui mettent fin à l’impunité généralisée, entre autres, pour les exécutions arbitraires et sommaires et les actes de torture, et mieux faire respecter les droits de la femme et les droits de l’enfant. L’abominable pratique généralisée de recrutement des enfants soldats se poursuit. L’Union européenne est profondément préoccupée par l’absence d’un système judiciaire efficace.
La situation humanitaire en Somalie, due aux conflits, à l’insécurité alimentaire et à la sécheresse actuelle, continue d’être une source de profonde préoccupation. À cet égard, l’Union européenne demeure disposée à s’associer à l’effort international. Elle offre actuellement une aide humanitaire et de réhabilitation aux communautés locales, en particulier à travers les organisations non gouvernementales, là où les conditions de sécurité le permettent.
Pour terminer, l’Union européenne reste déterminée à continuer à appuyer le processus de paix en Somalie, en particulier les efforts de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD). Une solution durable pour la Somalie passe par la volonté politique de toutes les parties somaliennes, par le rôle constructif et l’appui de ses voisins immédiats, par la pleine coopération des autres États intéressés et par une participation active de la communauté internationale en général.


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