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EU at the UN

The EU's commitment to effective multilateralism, with the UN at its core, is a central element of its external action. As a UN observer with enhanced status, the EU delegation coordinates with its 28 Member States to speak with one voice. The EU also works closely with the UN secretariat and its agencies, funds & programmes, partnering on a range of global issues and challenges.

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur d’intervenir au nom de l’Union européenne. Les pays ci-après s’associent à mon intervention: la Bulgarie, la République tchèque, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, Chypre, Malte, la Turquie et le Liechtenstein.

Monsieur le Président,

Le Conseil de sécurité se penche aujourd’hui pour la première fois en 2002 sur la question du Kosovo. Le début d’une année nouvelle est une bonne occasion pour dresser le bilan des événements survenus au cours des derniers mois, d’autant plus que le titulaire du poste de Représentant spécial du Secrétaire général vient de changer. L’UE souhaite saisir cette occasion pour dire à quel point elle apprécie le travail accompli par M. Hans Haekkerup en 2001 et l’impulsion qu’il a su imprimer au développement institutionnel et à la consolidation de la démocratie au Kosovo. Nous lui souhaitons tout le succès possible dans l’exercice de ses nouvelles fonctions.

L’UE se félicite de la désignation de M. Michael Steiner au poste de Représentant spécial du Secrétaire général. Nous sommes certains que la grande expérience qu’il possède des Balkans se révélera très utile dans sa nouvelle mission et nous lui apporterons tout notre soutien dans l’accomplissement de ses tâches.

L’année 2001 a été marquée par deux événements qui revêtent une importance particulière: il s’agit de la promulgation du Cadre constitutionnel pour l’auto?administration provisoire et du bon déroulement des élections législatives du 17 novembre, auxquelles ont participé toutes les communautés du Kosovo.

La signature d’un Document conjoint entre la MINUK et la RFY, qui a permis d’établir une nouvelle relation entre la MINUK et Belgrade et qui a amené les gouvernements de la RFY et de la Serbie à exhorter les Serbes du Kosovo à participer aux élections, constitue également un événement majeur.

La création au sein de la MINUK, en mai, d’un nouveau pilier pour la police et la justice a entraîné une amélioration considérable des structures chargées de l’application des lois et du maintien de l’ordre au Kosovo.

Monsieur le Président,

Le début de l’année est aussi un bon moment pour envisager l’avenir et définir des priorités pour 2002.

Cette année marquera incontestablement le début d’une nouvelle étape pour le Kosovo. La séance inaugurale du Parlement du Kosovo, qui s’est déroulée le 10 décembre dernier, a été un moment historique pour la province. S’exprimant ce jour-là à ce sujet, le Secrétaire général l’a qualifiée de jalon sur la voie de la démocratie. L’UE félicite tous les membres du Parlement pour leur entrée en fonction, ainsi que Nexhet Daci pour son élection à la présidence du Parlement ; elle les engage à travailler dans l’intérêt de l’ensemble de la population du Kosovo, en tenant compte de la résolution 1244 et du Cadre constitutionnel.

L’ouverture du Parlement a déclenché le processus d’auto?administration provisoire et a ouvert la voie au transfert des responsabilités de la MINUK aux nouvelles institutions. Nul doute que cela profitera à l’ensemble des communautés et favorisera la stabilité de la province, conformément à la résolution 1244 du Conseil de sécurité, qui demeure la base sur laquelle il faut édifier l’avenir du Kosovo. L’UE se déclare préoccupée par le retard enregistré dans l’élection du Président du Kosovo par le Parlement et par le retard qui en résulte pour la mise en place des institutions d’auto?administration provisoires et le transfert des responsabilités de la MINUK à ces institutions. Nous lançons un appel pour que tous les représentants élus fassent preuve de responsabilité et d’autorité de manière à ce que l’auto?administration puisse devenir une réalité, dans l’intérêt de l’ensemble de la population.

La MINUK continuera de jouer un rôle majeur au Kosovo. L’UE l’engage à continuer de travailler activement dans les domaines qui relèvent de la compétence du Représentant spécial du Secrétaire général, tout en veillant à ce que les autorités de l’auto?administration provisoires respectent pleinement la résolution 1244, le Cadre constitutionnel et d’autres règlements importants de la MINUK.

L’UE s’est vivement félicitée de ce que la communauté serbe a finalement décidé de participer pleinement aux élections de novembre. Nous voulons espérer que la coalition représentant les Serbes du Kosovo, qui constitue la troisième force au sein du Parlement, s’intégrera dans la vie politique du Kosovo et qu’elle participera activement au fonctionnement des institutions provisoires.

L’UE salue les progrès réalisés jusqu’à présent par la MINUK et les autorités de Belgrade au regard des engagements contractés dans le Document conjoint. Les deux parties doivent continuer à avancer dans la mise en œuvre de ce document et à déployer des efforts pour que la coopération se poursuive et se consolide. Les nouvelles autorités provisoires du Kosovo doivent également faire la preuve de leur attachement à ce processus. Nous attendons avec intérêt que leurs représentants participent aux futures réunions du groupe de travail de haut niveau, qui constituera un instrument utile pour promouvoir le dialogue politique entre Pristina et Belgrade.

Ainsi que l’a signalé le Secrétaire général dans le message qu’il a adressé le 10 décembre dernier à l’occasion de l’ouverture du Parlement, le moment est venu de faire table rase du passé et de consolider une culture politique de tolérance, de respect mutuel et d’engagement constructif. La MINUK et la KFOR devront continuer de veiller à ce que soient réunies les conditions de sécurité nécessaires permettant aux habitants du Kosovo de se sentir suffisamment protégés et de vivre dans la dignité et aux personnes déplacées de se sentir en mesure de retourner dans leur foyer.

Le nombre de personnes ayant regagné leur foyer en 2001 a été particulièrement décourageant. Moins de mille personnes déplacées sont retournées dans la province. Encourager le retour des minorités doit être une priorité pour tous au Kosovo. Nous attendons avec intérêt le Cadre pour 2002/2003 qu’élabore actuellement le Bureau chargé des retours et des communautés récemment créé au sein du Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général, en consultation avec les autorités de Belgrade et pour l’ensemble du Kosovo. La communauté internationale devra également apporter son soutien à ce processus si l’on veut qu’un nombre important de personnes déplacées puisse retourner au Kosovo.

La question des Albanais du Kosovo détenus en Serbie demeure un sujet de préoccupation particulière pour l’UE. Au cours des deux dernières années, des progrès considérables ont été réalisés, qui ont permis la libération d’environ 1 800 personnes sur les 2 000 initialement détenues. Quelque 160 personnes restent détenues en Serbie. Nous engageons la MINUK et le gouvernement de la RFY à se mettre d’accord sur un réexamen, à bref délai, de l’ensemble des dossiers concernant les Albanais du Kosovo détenus en Serbie pour des faits qu’ils sont accusés d’avoir commis au Kosovo. Ceux qui seront considérés comme innocents devront être libérés immédiatement. L’UE exhorte Belgrade et la MINUK à déployer de sérieux efforts pour régler cette question, dans le cadre du Document conjoint, au cours du premier trimestre de cette année.

Nous sommes d’accord avec le Secrétaire général pour estimer que la sécurité et la liberté de mouvement des minorités du Kosovo suscitent encore une vive préoccupation, en dépit de la légère amélioration enregistrée au cours des derniers mois. Nous encourageons la MINUK et la KFOR à continuer de tout mettre en œuvre pour améliorer la sécurité, et engageons tous les dirigeants politiques de la province à faire tout leur possible pour mettre un terme à la violence.

La criminalité organisée et l’extrémisme demeurent une menace importante pour le Kosovo comme pour la stabilité de l’ensemble de la région. L’UE félicite la MINUK pour les progrès réalisés dans le renforcement des structures chargées de l’application des lois et du maintien de l’ordre, mais elle n’ignore pas qu’il reste beaucoup à faire pour lutter efficacement contre la criminalité et l’extrémisme.

L’UE condamne énergiquement l’assassinat, le 17 janvier dernier, d’Ismaël Hajdaraj, membre du Parlement du Kosovo, et engage tous les membres du Parlement à faire preuve de maturité et de responsabilité face à ce nouvel incident violent. Les institutions d’auto?administration provisoires devront partager avec la MINUK la lourde responsabilité de la lutte contre le fléau de la violence politique et ethnique qui entrave la réalisation de progrès sur la voie d’un Kosovo multi?ethnique.

Il faudra faire preuve d’un nouvel esprit de coopération dans ce domaine et dans celui de la lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme, qui constituent pour l’UE des sujets de préoccupation prioritaires dans la province comme dans l’ensemble de la région.

Monsieur le Président,

Le Processus de stabilisation et d’association que l’UE a lancé, ainsi que le Pacte de stabilité, visent notamment à améliorer le sens des responsabilités des autorités des pays concernés et à promouvoir la coopération régionale. L’UE attache une grande importance aux efforts déployés dans ce cadre pour appuyer la démocratie, la coexistence ethnique, les relations pacifiques entre voisins et la coopération régionale. Nous sommes convaincus que c’est à la réalisation de ces objectifs que nous devons tous aspirer dans les Balkans.


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