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EU at the UN

The EU's commitment to effective multilateralism, with the UN at its core, is a central element of its external action. As a UN observer with enhanced status, the EU delegation coordinates with its 28 Member States to speak with one voice. The EU also works closely with the UN secretariat and its agencies, funds & programmes, partnering on a range of global issues and challenges.

– Comme prononcé? –

Monsieur le Président,

Permettez-moi d’abord, au nom de l’Union européenne, de remercier la présidence française du Conseil de sécurité des Nations unies pour l’organisation de ce débat important.

Monsieur le Secrétaire général, permettez-moi aussi de vous remercier, très chaleureusement d’associer étroitement l’Union Européenne à tous ces temps forts de l’action de la communauté internationale concernant la région sahélienne, à commencer par votre visite dans la région il y a quelques semaines, tout comme au suivi constant de l’action si importante de la Minusma.

Monsieur le Président,

Les pays du Sahel sont confrontés à une série de défis complexes et interconnectés. La crise au Mali, et le vide de sécurité après la révolution libyenne ont souligné les vulnérabilités politiques, économiques et humanitaires de longue date du Sahel.

La visite conjointe de haut niveau conduite par le Secrétaire Général des Nations Unies, en compagnie du Président de la Banque Mondiale, de la Présidente de la Commission de l’Union Africaine, du Président de la Banque Africaine de Développement et du Commissaire au Développement de l’Union européenne a montré la volonté de la communauté internationale de poursuivre et d’intensifier ses efforts pour aider l’ensemble des pays de la région à lutter contre une crise qui les affecte tous, en particulier l’insécurité et le terrorisme, et à s’attaquer aux causes profondes de la situation.

Nous avons tous salue la grande pertinence de la stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, dont les priorités  –  la gouvernance, l’action humanitaire et les droits de l’homme, le renforcement de la sécurité, et ceci articulant très justement national et régional –  ne peuvent être que celles de tous.

Cette visite a bien mis en exergue également la détermination de tous d’agir par une approche globale, autour des interactions entre sécurité et développement. Il est désormais largement reconnu qu’il ne peut y avoir de sécurité durable sans développement inclusif et que la sécurité est une des conditions du développement durable. L’Union européenne a construit sa stratégie pour le Sahel, adoptée il y a maintenant presque trois ans, sur ce postulat et elle mobilise ses différents instruments dans cette logique, de manière à couvrir le mieux possible les exigences de cette cohérence.

Monsieur le Président,

Je retiens aussi de cette mission que vous avez conduite l’appel constant des chefs d’Etat de la région à une prise en compte toujours plus forte des réalités économiques et sociales et des besoins des populations, et en particulier à tous ceux de la jeunesse du Sahel.

A cet égard, je pense que nous pourrions plus souvent approfondir nos connaissances des situations et des réalités locales, en associant plus souvent les chercheurs et intellectuels africains, hélas souvent insuffisamment reconnus, alors qu’ils sont essentiels pour mener à bien tous processus d’appropriation authentiques.

Monsieur le Président,

La crise que le Mali a traversée en 2012 et en 2013 et que ce pays surmonte peu à peu avec détermination, a donné une nouvelle illustration – hélas dramatique – de la gravité de la crise de sécurité et de développement qui affecte la région sahélo-saharienne dans son ensemble, et alors que le risque terroriste, en particulier demeure.

L’Union européenne a apporté tout son appui au Mali.

Le nouveau Président du Mali, en visite à Bruxelles et au Parlement européen, lundi et mardi dernier, a rappelé sa détermination à faire face rapidement aux défis immenses nécessaires pour stabiliser durablement son pays, réconcilier la nation malienne et construire un nouveau modèle de gouvernance politique en tirant toutes les leçons du passé.

Les efforts de la communauté internationale pour l’aider dans cette tâche, ne doivent pas faiblir. La Mission multidimensionnelle des Nations Unies pour la stabilisation au Mali a un rôle essentiel à jouer pour soutenir les autorités maliennes à restaurer pleinement la souveraineté et l’Etat de droit sur l’ensemble du territoire malien et réussir pleinement le dialogue et la réconciliation tant attendus. Un fort engagement pour le Nord du Mali est indispensable, durablement, car l’avenir de la région du Sahel, dans son ensemble, se joue aujourd’hui largement au nord du Mali.

L’Union européenne, en étroite relation avec tous ses partenaires, est prête à accentuer ses efforts, d’abord sur le plan diplomatique, dans le cadre de la réconciliation et du dialogue inclusif engage. Elle y est prête également sur le plan opérationnel, du développement et l’action humanitaire, par la préparation de dividendes de la paix.

Réussir le suivi de la Conférence de haut niveau des donateurs pour le Mali organisée à Bruxelles le 15 mai est très important. L’Union européenne joue pleinement son rôle et tient toutes ses promesses avec 512 millions d’euros engages et 238 millions d’euros qui seront payés en 2013. 

Monsieur le Président,

Les efforts qui sont déployés pour restaurer la paix et la sécurité au Mali resteront vains, si la menace se déplace et si d’autres pays de la région sahélo-saharienne au sens large deviennent les prochaines victimes d’une crise, dont nous avons vu pleinement les effets, non seulement au Mali, mais également en Libye.

Aujourd’hui, l’Union européenne est déterminée à approfondir la mise en œuvre de sa Stratégie pour le Développement et la Sécurité : Mieux intégrer encore sécurité et développement, notamment par une approche préventive en direction des milieux les plus fragiles.  L’Union européenne  se propose aussi d’étendre la mise en œuvre de sa Stratégie a tous les pays qui sont les plus exposés aux menaces de déstabilisation, et à mieux associer encore tous les pays concernés, sans lesquels aucune stabilité durable ne peut être atteinte, et en tout premier lieu ceux du nord du continent africain, directement intéressés et qui sont bien sûr, eux aussi, des partenaires de longue date de l’Union européenne.

D’ailleurs, lorsque nous regardons vers le Sahel depuis l’Europe, nous découvrons un immense espace pour lequel la géographie crée une solidarité permanente inévitable, un espace que nous regardons d’abord aujourd’hui comme une zone de risques, mais qui aussi est en réalité un espace de coopérations multiples, culturelles et environnementale par exemple, et de développement économique, là encore la seule solution, par la création d’activités et  d’emplois, pour réduire a rien les tensions actuelles.

Tout ceci requiert un engagement accru. Le Commissaire Piebalgs a, au cours de la mission conjointe annoncé que l’UE consacrerait 5 milliards d’euros à son action dans la région du Sahel pour les 7 années à venir.

Monsieur le Président,

Dans un environnement en rapide évolution, où les menaces à la paix et à la sécurité peuvent osciller en intensité et devenir globales, notre action collective doit répondre à des impératifs de flexibilité et d’efficacité. Pour ce faire, la coordination étroite et constante de nos efforts est indispensable, au niveau mondial comme sur le terrain. Elle est nécessaire a une appropriation encore plus forte des politiques conduites.

Un renforcement de la coopération et la coordination interrégionale entre les pays du Sahel, les pays de l’Afrique de l’Ouest et les Etats du Maghreb est urgent, afin de développer des stratégies inclusives et efficaces pour lutter d’une manière globale et intégrée contre les activités des groupes terroristes et à lutter contre la criminalité transnationale organisée.

Beaucoup d’Etats de la région se sont engagés à développer des mécanismes de coordination bilatéraux, trilatéraux ou à travailler dans le cadre sous régional et continental tant en matière de développement que de sécurité. L’Union européenne les soutient pleinement dans leurs initiatives. Elle est prête à les aider davantage encore, en particulier pour renforcer l’administration des espaces sahariens, notamment les espaces frontaliers, et en travaillant plus fortement encore pour renforcer la résilience.

De manière plus globale, l’Union européenne est désireuse de parvenir à la coordination la plus étroite possible avec l’ensemble des partenaires qui ont développé des approches stratégiques sur le Sahel, dans le plus grand respect de la souveraineté et du leadership des Etats sahélo-sahariens et des organisations sous régionales.

La déclaration de Bamako adoptée le 5 novembre dans le cadre de la mission conjointe de haut niveau ouvre la voie à une coordination internationale renforcée, associant l’ensemble des pays et des acteurs concernés. L’Union européenne en accompagnera la mise en place qui devra intervenir dès que possible.

Monsieur le Président,

Les développements que le Sahel a connu cette année nous ont fait prendre conscience de l’ampleur de cette crise régionale.

Nous devons agir ensemble, durablement,  pour lutter contre le terrorisme et la criminalité. Nous devons aborder les causes profondes de la situation – la pauvreté, les inégalités, les institutions inadéquates, et la criminalité, avec ici, nous le savons tous une forte contrainte liée au contexte démographique.

La détermination des peuples sahéliens, couplée à la mobilisation de la communauté internationale, montre aussi que le pire n’est pas inéluctable, et que la crise peut être surmontée lorsque l’on sait être patient et résolu.

C’est bien là l’état d’esprit qui anime la communauté internationale aujourd’hui. C’est un motif de grand espoir pour demain.


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