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Déclaration de la Présidence de l'UE sur la situation en Afghanistan

Sommaire: 13 novembre 2001: Intervention au nom de l'Union européenne prononcée par S.E.M. Louis Michel, Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères de la Belgique. La situation en Afghanistan (New York)

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de parler au nom de l’Union européenne. Les pays d’Europe Centrale et Orientale associés à l’Union européenne, la Bulgarie, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et les pays associés Chypre, Malte et la Turquie se rallient à cette déclaration.

Permettez-moi tout d’abord, Monsieur le Président, d’adresser mes remerciements au Conseil de Sécurité et plus particulièrement à sa Présidence, pour avoir organisé ce débat ouvert alors que la situation en Afghanistan connaît des développements considérables. L’Alliance du Nord est entrée dans Mazar-i-Sharif et Kaboul. A l’heure où le Représentant spécial pour l’Afghanistan, M. Lakhdar Brahimi, a fait rapport au Conseil de Sécurité et où le Conseil s’apprête à adopter une résolution qui soutiendra les efforts des Nations Unies et de M. Brahimi en Afghanistan, cette séance donne à la communauté internationale dans son entièreté l’occasion de faire entendre sa voix.

Je voudrais d’emblée réaffirmer le soutien de l’Union européenne aux efforts du Secrétaire général et de son Représentant Spécial. L’Union considérera favorablement les recommandations que M. Brahimi voudra formuler et nous saluons les efforts qu’il a déployés jusqu’à ce jour. Je vous rappelle également que l’Union européenne reste prête à participer activement, sous l’égide des Nations Unies, à la recherche d’une solution politique et à la reconstruction ultérieure de l’Afghanistan.

Monsieur le Président,

Nous sommes tous ici d’accord quant au fait que le terrorisme est un véritable défi posé au monde entier. L’Union européenne a, à plusieurs reprises, exprimé sa solidarité totale avec le peuple et le Gouvernement américains. Elle a, de plus, fait de la lutte contre le fléau du terrorisme un objectif prioritaire. Nous sommes convaincus que cette lutte nécessite une coalition mondiale aussi large que possible, sous l’égide des Nations Unies. Cette organisation reste en effet le forum le plus approprié pour revigorer et renforcer les efforts visant à éliminer le terrorisme international. Le Conseil, par la tenue du débat ministériel d’hier et l’adoption d’une résolution, a encore souligné cette réalité et je m’en réjouis. La menace à laquelle nous devons faire face aujourd’hui est globale, et ainsi doit être la coopération entre toute les cultures, religions et sociétés. La lutte contre le terrorisme n’est pas dirigée contre le monde musulman. Nous respectons les traditions islamiques et les valeurs qu’elles ont apportées au monde.

Monsieur le Président,

L’Union européenne soutient fermement les opérations militaires ciblées qui ont commencé le 7 octobre dernier, et qui sont légitimes et conformes aux termes de la Charte des Nations Unies et de la résolution 1368 du Conseil de Sécurité.

Comme l’ont déclaré nos Chefs d’Etat et de Gouvernement le 19 octobre dernier, l’objectif est, et reste, l’élimination de l’organisation terroriste Al Qaeda qui est indéniablement à l’origine des attentats terroristes du 11 septembre. Ses dirigeants n’ont pas été livrés par le régime des Talibans, qui, bien au contraire, continue à les héberger. La cible de cette campagne militaire en Afghanistan n’est bien évidemment pas la population civile. Nous estimons que cette population civile, déjà victime d’une crise humanitaire grave et subissant le régime oppressif des Talibans depuis bien trop longtemps, doit être épargnée le plus possible des conséquences des opérations militaires.

Monsieur le Président,

La situation humanitaire en Afghanistan est tout simplement alarmante et elle continue à se dégrader. Nous savons que cette crise s’aggravera avec l’arrivée de l’hiver. L’évolution de la situation sur le terrain doit être mise à profit pour améliorer rapidement l’acheminement de l’assistance humanitaire et secourir les réfugiés et les personnes déplacées.

La fourniture d’une aide humanitaire d’urgence reste une priorité absolue pour l’Union qui s’est engagée à mobiliser sans délai une aide de plus de 320 millions d’Euros. Nous voudrions aussi insister sur l’importance du déboursement des fonds promis par la Communauté internationale.

L’Union européenne soutient les efforts des agences spécialisées des Nations Unies, du CICR ainsi que de l’ensemble des organisations humanitaires engagées dans la recherche de solutions pratiques, souples et adaptée aux besoins. Elle appelle tous les pays de la région à faciliter, par tous les moyens possibles, les opérations humanitaires d’accueil des nouveaux flux de réfugiés afghans. Comme j’ai pu le constater lors de mon récent voyage dans la région, les pays voisins subissent eux aussi les conséquences de la crise en Afghanistan. L’Union appelle dès lors la communauté internationale à venir en aide à ces pays.

Monsieur le Président,

L’Union européenne souhaite, en ces heures cruciales pour l’avenir le l’Afghanistan et la stabilité régionale, rappeler ce qui est sa position depuis le début de la crise, à savoir qu’il n’y aura jamais de paix et de stabilité dans ce pays tant que n’y sera installé un gouvernement démocratique et très largement représentatif de tous les groupes ethniques en présence. Il conviendra encore que ce gouvernement adhère aux principes communément admis de respect des droits de l’homme et du droit.

L’Union européenne croit qu’il appartient aux Nations Unies et au Représentant spécial du Secrétaire Général de jouer un rôle central pour aider les Afghans dans la difficile tâche de formation d’un tel gouvernement. L’Union entend soutenir les plans de l’ONU dans cette direction. Elle demande avec insistance à l’Alliance du Nord de contribuer sans réserve à ces efforts notamment en assurant la garde provisoire de Kaboul au bénéfice du peuple afghan dans son ensemble. . Nous sommes convaincus que tout règlement politique en Afghanistan doit être fondé sur la volonté des Afghans.

C’est sans réserve, Monsieur le Président, que nous soutenons les efforts que les Nations Unions déploient et continueront à déployer pour atteindre cet objectif stratégique. Néanmoins, personne ne sous-estime les difficultés qui restent à surmonter. Les incertitudes qui planent sur la durée et les conséquences de la campagne militaire font que les Nations Unies devront un peu naviguer à vue. Toute vision stratégique devra en tenir compte.

Monsieur le Président,

L’Union européenne insiste sur l’importance de l’inclusion d’une dimension de droits de l’homme dans tout arrangement concernant l’Afghanistan. Sous le régime des Talibans, de graves violations des droits de l’homme et des principes du droit humanitaire ont été commises. Nous avons notamment condamné les traitements discriminatoires et inadmissibles à l’égard des femmes dont les droits les plus élémentaires sont systématiquement et méthodiquement bafoués.

Monsieur le Président,

Un règlement d’après-conflit représente un défi gigantesque. L’Afghanistan est l’un des pays les plus pauvres du monde. Ce pays a connu vingt ans d’invasion, de guerre civile et de catastrophes naturelles. Une sécheresse sévit dans le pays depuis plus de quatre ans maintenant. Une fois que nous aurons atteint l’objectif de mettre en place un gouvernement stable, légitime et représentatif de l’ensemble de la population, la communauté internationale devra s’engager dans un programme de reconstruction du pays. C’est pourquoi l’Union souligne l’importance de lancer dès maintenant un plan de reconstruction économique et institutionnelle pour l’Afghanistan. Il est en effet essentiel que le processus politique soit accompagné par une aide économique. Le développement de l’agriculture aidera à lutter contre la culture du pavot et le trafic de drogue. La mise en œuvre d’un plan de déminage facilitera l’acheminement de l’aide ainsi que le retour et la réintégration des réfugiés et des personnes déplacées.

Le défi à relever est donc immense et multiple. La réussite dépendra en grande mesure de la prise en compte de sa dimension régionale. Or, Monsieur le Président, il est clair que la stabilité en Afghanistan profite à la stabilité régionale. Inversement, une solution durable en Afghanistan présuppose que les intérêts légitimes des pays voisins soient pris en compte. Il s’impose donc que les pays voisins soient associés étroitement aux efforts des Nations Unies et qu’ils y participent de façon constructive. Ces efforts seraient encore facilités par une coordination entre les pays de la région eux-même. L’Union entend intensifier ses relations avec les pays voisins de l’Afghanistan et elle compte contribuer, par ses initiatives, à renforcer le processus de stabilisation régionale qui sera mené par les Nations Unies.

Monsieur le Président,

Le but de notre action est de contribuer aux efforts que déploient les Nations Unies en vue d’aider les Afghans à s’aider eux-mêmes. Il est essentiel que la communauté internationale participe à ces efforts. Les pays voisins et l’Organisation de la Conférence Islamique auront évidemment un rôle important à jouer. Pour ce qui est de l’Union européenne, Monsieur le Président, vous pouvez compter sur sa contribution active.

Je vous remercie, Monsieur le Président.

  • Ref: PRES01-309EN
  • Source UE: Présidence UE
  • UN forum: Conseil de Securité
  • Date: 13/11/2001


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