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Déclaration de la Présidence sur la situation en Somalie

Sommaire: 19 octobre 2001: Déclaration de S.E. Mr Jean De Ruyt au nom de l'Union européenne. La situation en Somalie (New York)

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de m’exprimer au nom de l’Union européenne. Les pays d’Europe Centrale et Orientale associés à l’Union européenne, la Bulgarie, la République tchèque, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et les pays associés Chypre, Malte et la Turquie ainsi que l’Islande, pays de l’AELE membre de l’Espace économique européen se rallient à cette déclaration.

Monsieur le Président,

L’Union européenne se réjouit de la tenue de ce débat public sur la Somalie aujourd’hui et de l’opportunité qu’il présente aux Etats membres de pouvoir partager leurs évaluations de la situation en Somalie et leurs réflexions sur le rôle des Nations Unies dans ce pays et plus généralement dans la Corne de l’Afrique.

Monsieur le Président,

Le gouvernement de transition est en place depuis près d’un an, un tiers de son mandat, et s’est heurté à de nombreuses difficultés. L’Union européenne renouvelle l’appel qu’elle avait lancé au gouvernement de transition pour qu’il poursuive ses efforts en vue de parvenir à la réconciliation nationale dans un véritable esprit de compromis, par des moyens pacifiques, et en respectant dûment toutes les entités qui ont atteint un certain degré de stabilité. L’Union européenne encourage toutes les parties somaliennes qui n’ont pas participé au processus d’Arta à entamer un dialogue dans le même esprit véritable de compromis et en vue de faire avancer et de mener à bien le processus de réconciliation de tous les Somaliens.

L’Union européenne se félicite de la création du Comité national pour la réconciliation et la restitution des biens. Ce Comité doit fonctionner de manière indépendante du gouvernement et constituer un forum de dialogue important dont tous les Somaliens doivent assumer la responsabilité avec le soutien de la Communauté internationale. Comme suggéré au Forum des partenaires de l’IGAD, la coopération fonctionnelle entre les diverses réalités politiques et administratives représente une mesure de confiance d’importance.

Monsieur le Président,

S’agissant des droits de l’homme, l’Union européenne est d’avis que les crimes commis lors de la guerre civile à la fin des années 80 ne doivent pas rester impunis. L’administration de la justice doit être renforcée afin de permettre un jugement équitable des auteurs de ces crimes.

L’Union européenne demeure profondément préoccupée par la situation sécuritaire en Somalie, et à Mogadiscio en particulier. Les attaques contre les civils et le personnel humanitaire sont inacceptables et doivent cesser. Les ONG accomplissent un travail exemplaire dans des conditions difficiles et nous tenons à les saluer. L’UE s’inquiète par ailleurs de la présence de nombreuses mines anti-personnelles dans plusieurs régions. Elles présentent un grand danger non seulement pour l’ensemble de la population somalienne mais aussi pour le personnel humanitaire en exercice. A cet égard, il est important que l’aéroport et le port de Mogadiscio soient réouverts afin de permettre l’acheminement de l’aide humanitaire, mais aussi afin de ne pas prolonger l’isolement politique de la Somalie.

L’actualité me presse d’aborder un point et permettez-moi, Monsieur le Président, de le soulever : la question du terrorisme. L’Union européenne engage le gouvernement de transition à coopérer avec le Comité contre le terrorisme institué par la résolution 1373, ainsi qu’avec le gouvernement des Etats-Unis sur cette question. L’Union européenne est, quant à elle, en train d’étudier comment assister au mieux le gouvernement de transition afin qu’il puisse répondre aux demandes du Comité contre le terrorisme.

Monsieur le Président,

La situation en Somalie est étroitement liée à celles de ses voisins. Afin que la paix s’installe dans la région de la Corne de l’Afrique, l’Union européenne appelle à la reprise des contacts politiques entre le gouvernement de transition et ses voisins, en particulier l’Ethiopie. Les Etats de la région doivent s’abstenir d’intervenir militairement en Somalie ou d’entreprendre toute initiative qui puisse mettre en péril la souveraineté, l’indépendance politique et l’unité du pays. Le transfert d’armes doit également cesser. L’Union réitère son appel aux pays concernés de respecter l’embargo décrété par le Conseil de sécurité. L’Union européenne soutient l’ensemble des efforts régionaux qui se poursuivent pour trouver une solution politique à la question somalienne, en particulier ceux de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et de l’OUA. Elle partage l’avis du Secrétaire général que la coordination des efforts des acteurs extérieurs demeure nécessaire et qu’un mécanisme de consultation peut servir à cet effet. L’idée du SG de constituer un Comité des amis de la Somalie mérite d’être étudiée.

Monsieur le Président,

L’Union européenne prend note des recommandations du Secrétaire général dans son rapport. En début d’année, le Conseil de sécurité avait exprimé son souhait pour l’établissement d’une mission de consolidation de la paix en Somalie et a demandé au Secrétaire général d’établir une proposition à cette fin. Le Secrétaire général estime aujourd’hui que les conditions ne sont pas réunies pour l’envoi d’une telle mission à ce stade. Des préoccupations sécuritaires demeurent. Nous sommes d’accord avec le Secrétaire général qu’il faut examiner à fond la question de sécurité. Nous sommes en faveur d’une nouvelle évaluation de la sécurité.

Toutes les parties au conflit doivent redoubler d’efforts afin que les conditions au déploiement de personnel international voient le jour. Parallèlement, les pays et les individus détenant une influence sur les parties doivent, elles aussi, se mobiliser. De nouveaux moyens doivent être mobilisés rapidement afin de sortir de l’impasse actuelle et qu’une paix durable soit établie.

Monsieur le Président,

L’Union européenne collectivement ainsi que par l’aide bilatérale de ses Etats membres participe à la reconstruction du pays. Elle est prête à examiner les possibilités pour un appui institutionnel et soutien à la bonne gouvernance. Nous avons pris bonne note des besoins exprimés par le gouvernement de transition pour ce qui est de la formation de la force de police et l’établissement d’administrations régionales comme l’envisage la Charte nationale de transition.

Monsieur le Président,

Une solution durable reste cependant à être élaborée pour la Somalie. Il est urgent que les parties mettent tous leurs efforts en commun afin de réaliser la paix qui doit devenir plus attrayante aux parties que la poursuite d’un conflit latent aux conséquences désolantes pour la population. Nous espérons que les Nations Unies, les Etats de la région ainsi que les Etats directement intéressés dans la stabilité de la Corne de l’Afrique y apporteront leur entière collaboration.

Merci Monsieur le Président.

  • Ref: PRES01-268EN
  • Source UE: Présidence UE
  • UN forum: Assemblée Générale (y compris Sessions spéciales)
  • Date: 19/10/2001


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